Que signifie le logo de Paris 2024 ?

                                    Par Audrey MERCURIN

                                   

C’est officiel depuis tout juste une semaine : Paris tient ses jeux ! L’olympisme fera son retour dans la capitale française en 2024, cent ans après

les derniers Jeux olympiques organisés dans l’Hexagone. L’occasion de nous intéresser au logo de Paris 2024, une création purement française

. Qui l’a réalisé ? Que signifie-t-il ?

Suresnes, en région parisienne. C’est ici, dans les bureaux de l’agence indépendante Dragon Rouge, spécialisée dans les univers du design et de

l’innovation, que germe l’idée. « Un appel d’offres public, c’est-à-dire ouvert à tous, a été lancé par Paris 2024, se remémore Pascale

Chinotti, directrice conseil de Dragon Rouge. Nous avons été une douzaine d’agences à candidater. Chacune devait fournir plusieurs

propositions de logo. »

Un travail collectif s’engage alors, et non le labeur d’un seul homme, comme écrit ici ou là. « Cinq personnes étaient chargées du dossier,

rectifie-t-elle en réponse à la personnification de l’oeuvre. Le directeur de l’agence, un consultant et trois créatifs. »

Résultat : Dragon Rouge est retenue. Probablement « car nous étions en phase avec l’identité de partage souhaité par Paris 2024 »,

considère le directeur créatif de l’agence, Olivier Vinet.

La suite ? « Entre cette annonce et la présentation publique du logo final, il s’est passé seulement trois mois », retrace Pascale Chinotti

. Trois mois pour réaliser le logo définitif. Avant son dévoilement, le 9 février 2016. « Une fierté », forcément. Les Jeux olympiques sont le premier

événement sportif au monde, son impact médiatique est incomparable.

Que représente-t-il ?

                                   

Le logo, lors de sa présentation sur l’Arc de Triomphe, l’an dernier. (Photo : Lionel Bonaventure/AFP)

Difficile de passer à côté des deux éléments majeurs du logo, à savoir : « Le chiffre 24, comme Paris 2024 – mais aussi comme 1924 – formant

la Tour Eiffel, symbole et icône de Paris et de la France », précise la directrice conseil. Pourquoi ça ? « La candidature est une marque,

poursuit-elle. Et toute marque doit porter une idée. On s’est donc demandé : quelle va être l’idée que les gens vont retenir à l’international ?

 » Une date et un emblème fort. Auxquels s’ajoutent les couleurs de l’olympisme et de la France, respectivement sur les parties supérieures et inférieures

du logo, en dégradé. Un logo simple, mais moderne.

Réponse parfaite à la commande passée. « La candidature était à la recherche d’une marque universelle, qui parle à tous, tous les pays, toutes

les populations, tous les profils, sportifs ou non », révèle l’agence, Grand Prix stratégies du Design 2016, à l’origine, entre autres, des logos du PSG

et de la Fédération française de Football.

« Notre défi devait répondre à un double enjeu de mobilisation en France et de reconnaissance à l’international, en portant haut et fort les

valeurs de cette candidature : celles d’une France et plus particulièrement d’une ville accueillante, cosmopolite, dynamique, audacieuse et

humaine avant tout. » Un logo universel, donc, « à identité forte, impactante et mémorisable ». Bingo. La Tour Eiffel est célèbre dans le monde entier.

Et sa silhouette, très facilement identifiable sur ce logo.

 

Que dit-il ?

                                      

Le logo, symbole de rassemblement, modernité et dépassement de soi. (Photo : Benoit Tessier/Reuters)

Le logo reflète, selon l’agence, « l’image des jeux que Paris rêve d’offrir au monde ». Des jeux simples, modernes, et surtout rassembleurs. Ses têtes

pensantes se sont d’ailleurs attachées aux deux maîtres mots de la candidature parisienne : « rassemblement » et « ensemble ». « Le logo devait s’ouvrir

à tous, rappelle Olivier Vinet. Et la Tour Eiffel appartient à tous les citoyens. »

Le succès est immédiat. La scénarisation du logo marque les esprits. Les Français se sont immédiatement approprié le logo, l’ont aussitôt adopté avec leurs

mains par un geste en forme de triangle. « Le logo a été au centre de la candidature, se réjouit-on chez Dragon Rouge. Nous voulions l’exprimer

autour d’un geste que tout le monde peut reproduire facilement et qui valorise la dimension humaine de l’événement. On appelle ça un « mot

image ». »

                                       

Le succès a été immédiat. Les Français se sont tout de suite approprié le logo. (Photo : Jean-Baptiste Gurliat/AFP)

Une dame de fer symbole de la France, mais aussi de l’audace, de la vaillance. « C’est ce que la France avait montré de meilleur niveau ingénierieà sa création, mentionne Olivier Vinet. Elle exprime le dépassement de soi, l’audace dont la France a besoin. » Une création humaine par ailleurs : « le logo a été dessiné à la main, avec un crayon, détaille-t-il. Cela signifie qu’il y a un homme derrière, pas un ordinateur. »

Pour s’assurer qu’il n’y ait aucun quiproquo, l’agence s’est appuyée sur son réseau à l’international. « On l’a soumis à toutes nos agences dans le monde pour être sûrs qu’il ne porte de symbolique négative nulle part et qu’il soit adapté et parlant pour tous. » Logo adopté auquel se sont accolés, parla suite, les cinq anneaux de l’olympisme. « C’était interdit avant la sélection. »

Vers un nouveau logo ?

 

                                       

Le logo de candidature de Paris pour les JO 2024 ne sera pas le logo des jeux. (Photo : Franck Fife/AFP)

Signe d’un mouvement collectif qui fédère et mobilise, au lendemain du dévoilement de cette nouvelle identité sur l’Arc de Triomphe, 46 millions de comptes

Twitter avaient relayé l’information. On comptait 100 millions d’impressions et 23 000 tweets à ce sujet.

Selon une étude, 74 % des Français apprécient et comprennent sa symbolique. Parmi eux, madame la maire de Paris, ravie du résultat. « Ce logo illustre la

beauté et l’élégance de Paris, mais également sa modernité et sa capacité à se réinventer constamment, déclarait Anne Hidalgo, lors de la

présentation officielle du logo. Il reflète les valeurs d’une ville et d’un pays en mouvement, cosmopolites et innovants, qui brillent par leur ouverture

et leur humanité. »

                                         

La sprinteuse Christine Arron posant avec le logo de candidature de Paris 2024. (Photo : Benoit Tessier/Reuters)

Pour autant, le logo actuel ne sera pas celui des Jeux. « C’est un principe : le logo de candidature n’est jamais le logo officiel des JO », souligne Pascale

Chinotti. Rien ne dit également qu’il sera le fruit du travail de cette agence. Il y aura un prochain appel d’offres, « dans les années à venir », prévoit la

commission d’organisation de Paris 2024. Une nouvelle compétition dans laquelle Dragon Rouge se lancera corps et âme, « c’est évident ».